Ben Allal, chroniqueur du quotidien populaire -Peinture d’autrefois et de toujours

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أخر تحديث : الأربعاء 28 سبتمبر 2016 - 9:35 صباحًا
Ben Allal, chroniqueur du quotidien populaire -Peinture d’autrefois et de toujours

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Par Mohamed Khassif
« La peinture incarne une légende ou une mythologie populaire ». Une phrase qu’a écrite Pierre Restany au sujet de Mohamed Ben Allal et de Louardighi dans le catalogue de l’exposition « Hommage à Cherkaoui » qui se tint à la galerie nationale Bab Rouah au mois de Mai 1968
Quelle coincidence d’assister aujourd’hui, après une longue absence, à l’exposition d’un artiste et durant le même mois avec l’intevalle d’une vingtaine d’années
C’est vraiment un souvenir nostalgique, celui de ressentir l’écho se la première génération des peintres marocains : My Ahmed Drissi, Gharboui, Fakhar, Lourdai, Sergine, Zinne…
Mohamed Ben Allal entre autres peut être considéré comme un mythe légendaire de l’expression plastique marocaine. Du simple apprenti, authentiquement autodidacte, il passe presque sans transition de l’anonymat à une réputation mondiale
Il est le premier né des artistes marocains spontanés de la filiation des années 50, dont la présence est loin d’être un fait problématique, car « elle résulte plutôt d’un mimétisme dû aux contacts sporadiques avec des artistes étrangers de passage ou installés au Maroc. Ceux que les hasards de la guerre et le goût de l’aventure amenèrent dans le pays » (Khalil M’rabet)
L’épithète « spontané » est loin d’être attribué à Ben Allal du moment que son art ne jaillit pas, incontrôlé, de l’instinct. Il est, au contraire élaboré avec application et soin. Le coloris, les compositions démontrent une indiscutable recherche picturale
Mohamed Ben Allal est né en 1924 à Marrakech. Découvert et encouragé par le peintre Jacques Azéma (1910-1979) chez qui il travaillait comme cuisinier il s’est lancé dans la peinture par ses gouaches qui sont de vraies « notations sur la vie sociale intime ou des épopées des évocations historiques »
Les compositions sont plus savantes si nous les comparons à celles d’autres artistes naïfs. Le traitement en aplat de l’espace pictural les a rendues plus aérées. Le circuit du regard établi par une répartition de tous d’une même gamme de couleurs, mène le spectateur à une lecture multiple. La palette reflète la fraicheur de l’entourage
Par ses qualités plastiques et chromatiques, elle dissimule la spontanéité et la naïveté de l’enfance
Les plans sont rabattus. Les objets parallélépipédiques présentent un souci de la perspective. Les personnages sont dessinés à « la manière égyptienne », tandis que « l’orchestration chromatique » est plus harmonieuse, plus subtile, plus riche plus rare et ingénument fraiche
L’exactitude et la pertinence de l’observation sont très frappantes. Les détails de la scène quotidienne sont projetés sur la surface du tableau avec munitie : « Il savait observer le détail typique et racontait le moindre fait avec des mots d’une savoureuse drôlerie qui mettait ses amis en joie… Et je pensais que ce dont du poète de savoir communique son émotion, l’a sévi dès ses premières tentatives picturales » (Gaston Diehl
La maladresse du dessin et la manière originale « de voir les choses » n’empêche de parler d’un « style Ben Allal ». Sa personnalité telle qu’elle se manifeste à travers son œuvre est déroutante par sa richesse expressive, en objets et en sujets. Elle est l’image d’un monde intériorisé et d’un héritage tout particulier, riche en matière de mémoire. La présence d’un personnage noir sur le côté gauche du tableau se rattache sans doute à un moi profond. Est-ce un signe de marginalité, d’une humiliation ou d’une infériorité ? Les cercles schématiques autour d’un élément ou d’une action centrale sont des faits de mémoire propre à l’enfance
*Article publié dans L’Opinion – 1986

Mohamed Ben Allal (1924- 1995)
RINCIPALES EXPOSITIONS PERSONNELLES :
1984 : Galerie Bab Rouah, Rabat
1970 : Galerie Aly Bellagha, Sidi Bou Saïd (Tunisie)
1967 : Exposition à Dar America, Rabat
1964 : Galerie Bab Rouah, Rabat
1957 : Galerie Berri, Paris ; Rome
1953 : Galerie Venise Cadre, Casablanca
1952 : Washington
PRINCIPALES EXPOSITIONS COLLECTIVES :
1985 : « Peintres naïfs marocains », Musée Batha, Fès
« 19 peintres marocains », Grenoble et Paris
1976 : Exposition AMAP, Galerie Bab Rouah, Rabat
« Peintres de Marrakech », Marrakech
1964 : « Peintres Naïfs », Exposition Internationale, Rabat
1963 : « 2000 ans d’art au Maroc », Galerie Charpentier, Paris
« La jeune peinture marocaine », Casablanca
1962 : Saigon (obtient un prix)
1960 : « La jeune peinture marocaine », Galerie Bab Rouah, Rabat
1958 : 2e Biennale des pays riverains de la Méditerranée, Alexandrie
Exposition Internationale, Bruxelles
1957 : « Peintres marocains », San Francisco Museum of Art, San Francisco
1955 à 58 : Avec Belkahia, Galerie La Mamounia, Rabat
1954 : Salon d’Hiver, Marrakech (Prix de la ville de Marrakech)
1950 : Palais de La Mamounia, Rabat
1949-54 : Salon d’Hiver, Marrakech
1948 : Avec Jacques Azema, Marrakech

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Ben Allal, chroniqueur du quotidien populaire Peinture d’autrefois

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