La célébrité de MEKNES, la ville de mon enfance

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أخر تحديث : الإثنين 15 أكتوبر 2012 - 11:40 مساءً
La célébrité de MEKNES, la ville de mon enfance

Meknes City: Meknès le 15 octobre 2012, 

Bab Mansour Porte de gloire Bab Mansour El Aleuj fut une initiative tardive du sultan Moulay Ismaïl (1672-1727). Comme il régna cinquante cinq ans, il eut fort à faire, à partir d’une ville médiocre. Il voyait grand, prévoyait loin et commandait ferme. Son fils Moulay Abdellah acheva la fameuse porte en 1732. Elle perdure et préside à l’activité de Meknès depuis deux cent soixante sept ans. Elle marque toujours la limite entre la ville industrielle et la vile impériale, éditée par le quatrième sultan de la dynastie alaouite, s’ouvrant sur la place El Hedim (de la destruction), elle n’a cessé d’observer l’agitation humaine drainée par deux rues célèbres: la rue Rouamzine et la rue Dar Smen aussi familières aux meknassis que les rues du faubourg Saint-Antoine et de Rivoli, pour les parisien.

On abordait Meknès par cette place, ces rues, cette porte, on la quittait aussi dans ces parages.

Je conserve de toi “ma hautaine” des reflets singuliers. Tu n’es pas une porte de souk ni celle d’un quartier. Tu n’es pas une troué dans une muraille : une percé qui surveille la campagne : un octroi, traître, dressé au détour d’une venelle; un goulot que l’on cadenasse à la première foucade de la foule; une saignée dans le gras du rempart qui mettait les édiles en émoi; un éboulement accidentel conquis d’instinct par les ânes et mulets, béats d’arpenter un itinéraire rapide, entre les lopins raclés par leurs maître et le grouillement du souk.

Bab er-Rih, Bab Khédra, Bab Berdaïne, Bab el-Khémis, Bab Tizani, Bab es-Siba, Bab Berrima, Bab ej-Jedid, Bab el-Kari, Bab Jamma en-Nour, Bab Zein el-Abidine, Bab el-Mellah, Bab el-Hdim…A Meknès, chaque entrée connaît ses devoirs et se réjouit de ses privilèges. Accueillir l’étranger était un devoir que plusieurs portes se disputent.

“Je suis la porte ouverte à tous les peuples, qu’ils soient d’Occident ou d’Orient” annonce fièrement Bab el-Khémis en lettres cursives vernissées sur son fronton.Toi. Tu trône sur l’éminence où Moulay Ismaël t’a voulu. Tu observes un quotidien qui se prolonge depuis 1732. Tu survoles depuis 26 décennies les foules qui s’agitent. Tu te distrais des groupes qui ondulent, des processions bruyantes, des rassemblements qui veillent la nuit autour d’un quinquet, d’un “fnar” vacillant ou du dard bleu d’une lampe à acétylène. Des cavaliers accourent pour t’offrir des aubades hennissantes les jours de Moussem: pour le plaisir, pour faire valoir les mérites d’un pur-sang ou pour se réjouir de l’or d’une selle qui rutile au soleil.

Qui apprécie Ton Histoire? ° Qui fréquente tes mystères? ° Qui plonge dans les arcades de tes épopées? Trois hommes savaient des secrets. Ta saga, enfiévrait le premier. Ton futur, rongeait le second Le premier, à la fois santon et écrivain public, savait l’histoire et disait le droit. Il squattait dés l’aurore une de tes arcades. Vers les 10 heures, il dépliait un sofa fourbu au pied d’une colonne empruntée, autrefois, par Mansour el-Aleuj à “Kfar Faraoun” ou aux ruines du palais el-Badi à Marrakech, selon d’autres. D’une choukara fatiguée, il tirait un grimoire et un calame qu’il plongeait dans une encre grasse. Il lançait ensuite quelques vocalises, poussait une bordée de proverbes et rappelait quelques facéties de Joha. Le publique calmait les doléances d’une voix douce, hasardait des concessions et étayait ses propos par des sourates entières citées de mémoires. Quand une affaire était arrêtée, quand un contrat &tait paraphé, le santon reprenait le récit interrompu par chicaneries des uns et les vociférations des autres. Il déroulait alors une fresque invisible, “Ta fresque”.

Des sultans et des princes y faisaient une entrée. Moulay Ismaïl, Moulay Abdellah, Moulay Slimane, Moulay Abderrahman, Moulay el-Hassan…et même la gracieuse ANNE MARIE de BOURDON, Princesse de Conti pour laquelle le santon demandait “au Tèes Grand Miséricordieux”, de monter “le chemin de la vrai foi”

L’autre santon, un ” chouaf “, était, sous ta deuxième arche, perdu dans ses songes. Sur une étoffe sans âge, il caressait une couche de terre rouge. Dans la tranche de la main, il en accusait les plis. Il griffait le limon de trois doigts: taraudait la surface de l’index; comptait les lignes et comparait les creux, observait le champ de ses élucubrations avec l’attention d’un astronome à qui l’on soumettrait le cliché d’une galaxie observée à des milliards d’années lumières. Le monde se reflétait pour lui, dans “les configurations éphémères, les graphies et les méandres du sable”. Nous suivions “ses manipulations” avec dérision. Il exhalait alors un profond soupir, promenait une vieille omoplate au-dessus de la tête, réclamait d’une voix énigmatique l’approbation de mânes anciens, puis, d’un geste las, lissait la terre rouge dans un sens, avant de l’aplatir dans l’autre.

Le troisième, notre GUERRAB, donnait simplement à boire. Grand, géant même, la peau et lustrée, les jambes maigres et nerveuses il portait sur le côté, une cornemuse d’où giclait une eau qui fleurait un arrière-goût de goudron. Mohamed Ben Hanafi, très connu sous le nom de “Baba”, comme on l’appelait familièrement, arpentait la ville dont il savait tous les secrets. Il avait élu “arche” comme point stratégique. Il n’était pas riche bien que vêtu de rouge et resplendissant d’or. Sa clochette et ses tasses n’étaient certes d’en cuivre jaunes mais, astiquées, frottées polies, elles renvoyaient des scintillements féeriques. Pour narguer la richesse, il avait collé, sur l’énorme sacoche qu’il portait en bandoulière, des dizaines de pièces de monnaie dont la majorité, d’ailleurs, n’avait plus cours. Il pouffait des “fantaisie des blancs” qui, dans un souk en carton et au pied de “Ta réplique”, en staff, il devait donner à boire à des gens, hilares et qui n’avaient nulle soif. Sa ronde s’est arrêtée. Sa clochette ne tinte plus. Mais sa prestation au stand du Maroc à l’exposition de la France d’outremer féconde toujours des esprits en mal de hochets.

Tes merlons, tes écoinçons vernissés et tes entrelacs savants offrent une hôtellerie raffinée aux colonies d’oiseaux qui volent vers le sud, un perchoir à l’alouette, à la tourterelle des bois, au bulbul des jardins…

Les cigognes mesurent à longues enjambées ton périmètre gigantesque. Les faucons survolent ta place. Le haut de tes murailles offre des crevasses à toutes les nichées. Pépiements, ramages, caquètements gazouillis enveloppaient notre quotidien. – Le hululement du grand duc, dit un érudit. – Les pleurs d’un fennec prisonnier de quelque prédateur, proposa un autre.

Les clameurs enflaient de soir en soir. La curiosité draina des foules. Les commérages allaient bon train. Tous incriminaient un sort jeté sur la ville. Qui lançait ces inflexions pathétiques? Le nom de Aïcha Kandicha fut lâché par un farceur. Il fit le tour de la ville. Le mystère n’en était plus un. Le portrait du sultan exilé brillait sur l’astre des nuits et tirait des gémissements à Aïcha.

En 1955, lorsque Gilbert Grandval, nouveau résident général de France faisait son entée officielle à Meknès. La cérémonie d’accueil se déroulait à tes pieds. L’aubade officielle était interrompue par des: “Ben Youssef, Ben Youssef, Ben Youssef”. Les portraits du souverain en exil jaillissaient de toute part. Tirés du pli d’un haïk, du capuchon d’une djellaba, brandis dans les fenêtres, exposés sur les terrasses, promenés à bout de bras, dressés en étendard. Les you you et les clameurs roulaient d’un bout à l’autre de la ville. La musique militaire ne pouvait étouffer le grondement qui enflait. Quel officier a ordonné de tirer sur une foule heureuse d’acclamer le nom de son souverain? L’irréparable était à tes pieds. J’ai vu ta porte maculée de sang. J’ai vu aussi, pour la première fois des membres détachés et sans vie, des pauvres hères au milieu de ce qui était, peut-être, leur bien unique, une bicyclette aux roues voilées, une djellaba ensanglantée, un portrait, étendard pacifique, qui après avoir été leur bouclier, leur servait de suaire provisoire De cela aussi, tu te souviens. Car le temps qui se délite ne peut avoir de prise sur ta mémoire. Il ne peut flétrir les effluves des temps anciens. Le goudron frais dont on tatoue les gargoulettes a tes perds, la mente, le poivre, le miel chaud, le beurre rance, les fragrances qui s’élèvent de Berrima, les exhalaisons qui rasent Dar Smen, les souffles qui musardent le long de derb Sekkakine où chaque jour, se mitonne l’hommage parfumé qui t’est dù.

La célébrité de MEKNES, la ville de mon enfance

Bab Mansour

La célébrité de MEKNES, la ville de mon enfance

Bab Mansour

Par Ahmed Omari/ Meknassy

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